Le Canada vient de dévoiler sa stratégie nationale en IA. Voici pourquoi les entreprises innovantes devraient s’y intéresser.
Le 4 juin 2026, le gouvernement du Canadaa publié sa très attendue Stratégie nationale en IA :L’IA pour tous, qui représentel’un des cadres gouvernementaux en IA les plus ambitieux jamais proposés au Canada (ou ailleurs).
Pour les CTO, CFO et fondateurs qui développent des produits innovants, ce nouveau programme ouvre de nouvelles voies pour accélérer l’adoption de l’IA et la croissance de votre entreprise, tout en assurant un cadre responsable pour la R-D en IA, même lorsque vous repoussez les limites de « l’incertitude technologique ».
Qu’est-ce que « L’IA pour tous »?
En bref,L’IA pour tousest le plan du Canada pour passer du statut de chef de file mondial enrechercheà celui de chef de file enadoption et commercialisation de l’IA. Le Canada a contribué à inventer l’IA moderne grâce à des chercheurs comme Geoffrey Hinton, Yoshua Bengio et Richard Sutton. Aujourd’hui, plus de 3 500 entreprises canadiennes développent activement des modèles, outils et applications d’IA avancée, ayant collectivement levé plus de 37 milliards de dollars en capital de risque.
Malgré cet avantage concurrentiel, seulement 12 % des entreprises canadiennes ont utilisé l’IA pour produire des biens ou services entre la mi-2024 et la mi-2025. Chez les PME, ce taux tombe à 8 %, loin derrière les pays nordiques (29 à 42 %), l’Allemagne (26 %) et la France (18 %).
La stratégie vise justement à combler cet écart.
Les six piliers et leur application concrète
La stratégie s’articule autour de six piliers : (1) protéger la population et la démocratie; (2) développer les compétences en IA; (3) stimuler la prospérité partagée; (4) bâtir une infrastructure souveraine en IA; (5) propulser les champions canadiens; et (6) établir des partenariats internationaux de confiance.
Pour les entreprises, les piliers les plus pertinents à court terme sont ceux axés sur l’adoption et l’investissement.
Dans le cadre du pilier 3 (Stimuler la prospérité partagée),le gouvernement utilisera le programme LIFT, une initiative de 500 millions de dollars de la Banque de développement du Canada, pour aider les PME à financer l’intégration de l’IA. Un autre 500 millions de dollars seront investis pour élargir l’Initiative régionale en intelligence artificielle via les agences de développement régional, afin d’accélérer l’adoption et la commercialisation de l’IA partout au pays.
On envoie aussi un signal clair aux entreprises déjà actives en R-D : la stratégie mentionne explicitement le crédit d’impôt RS&DE et la super-déduction pour la productivité annoncée dans le budget 2025 comme leviers pour stimuler l’investissement privé et rendre l’innovation plus accessible.
Tout cela montre que le gouvernement fédéral considère la RS&DE comme une infrastructure centrale à l’ère de l’IA.
Des chiffres impressionnants, des cibles concrètes
La stratégie fixe des objectifs concrets et mesurables, pas seulement des intentions. Le Canada vise à faire passer l’adoption de l’IA en entreprise de 12 % à 60 % d’ici 2034, à créer jusqu’à 250 000 nouveaux emplois grâce à l’IA d’ici 2031, et à générer une hausse de 3 % du PIB, soit près de 200 milliards de dollars en gains de productivité.
Le gouvernement s’engage aussi à créer jusqu’à 90 000 stages et emplois liés à l’IA pour les jeunes Canadiens d’ici 2031, et à lancer un nouveau programme de missions en IA, en commençant par 200 millions de dollars pour améliorer les résultats en santé.
Sur le plan de l’infrastructure, le Canada prévoit construire un superordinateur public de calibre mondial et augmenter la capacité de calcul souveraine à au moins 100 mégawatts dans les grands centres de données en IA, avec une cible de 850 MW d’ici 2030.
Qu’est-ce que cela change pour les entreprises canadiennes?
La stratégie met de l’avant un principe clé du programme RS&DE : si vous développez quelque chose de nouveau (que ce soit en fabrication, santé, agriculture, énergie, transport ou tout secteur technologique connexe), le gouvernement fédéral veut vous appuyer — et il investit massivement pour le faire.
Mais une stratégie gouvernementale ne crée de valeur que si les entreprises savent comment accéder aux programmes qui la soutiennent. C’est là que réside le vrai défi d’exécution.
Pour les entreprises canadiennes qui investissent en R-D aujourd’hui, les améliorations RS&DE de 2026 (dont le doublement du plafond de dépenses à 6 M$, le retour de l’admissibilité des équipements et un crédit remboursable maximal de 2,1 M$ par année pour les SPCC admissibles) représentent une occasion majeure encore sous-exploitée par plusieurs.
L’IA pour tousvise à renforcer la RS&DE, pas à la remplacer. Les entreprises qui développent des produits intégrant l’IA, automatisent leur production, intègrent l’apprentissage automatique à leurs processus ou créent des outils d’IA pour des secteurs réglementés sont exactement celles que la RS&DE vise à soutenir — et que la nouvelle stratégie canadienne veut accélérer.
Que devriez-vous faire avec tout cela?
Si vous êtes CFO et cherchez à démêler les programmes de financement gouvernementaux, ou un CTO qui dirige le développement de produits propulsés par l’IA, retenez ceci : jamais l’environnement politique canadien n’a été aussi favorable à l’investissement en innovation. La vraie question : réclamez-vous tout ce à quoi vous avez droit?
Boast a aidé plus de 2 000 entreprises au Canada et aux États-Unis à obtenir plus de 900 M$ en crédits d’impôt pour la R-D. Nos experts comprennent comment la RS&DE, les incitatifs provinciaux et les initiatives fédérales s’articulent, et comment maximiser et défendre vos réclamations en innovation.
Si vous investissez dans la R-D propulsée par l’IA, nous serions ravis d’en discuter avec vous.
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