La Budget de l’Ontario 2024 a été déposé la semaine dernière, avec plus de 100 millions de dollars engagés dans le Fonds Investir Ontario (FIO) et une série d’initiatives en recherche et développement visant à relancer la croissance qui stagne partout au Canada. 

L’inflation et les taux d’intérêt élevés ont contribué à ce ralentissement récent, deux facteurs souvent cités pour expliquer pourquoi l’Ontario a repoussé ses plans précédents pour équilibrer le budget jusqu’en 2026. 

Cela survient alors que le Québec—aux prises avec le plus important déficit de son histoire—a lui aussi reporté ses objectifs d’équilibre budgétaire, cette fois jusqu’en 2028 au minimum.en ajustant la part remboursable et non remboursable à une répartition de 20 %/10 % d’ici 2028—ce qui permettra à la province de récupérer 365 millions de dollars en crédits d’impôt réclamés..

Même si le budget 2024 de l’Ontario met l’accent sur les infrastructures et la santé, il maintient l’injection annuelle de 100 millions de dollars dans le FIO, comme en 2023. Créé en 2020, le FIO vise à attirer des investissements étrangers dans la fabrication, les sciences de la vie et la technologie en Ontario, avec une valeur totale de 600 millions de dollars à ce jour.

Au-delà de ce montant phare, la plupart des autres mesures d’appui à l’innovation prévues dans le budget 2024 ressemblent davantage à un maintien du statu quo qu’à un véritable coup de barre. 

Par exemple, un montant additionnel de 12 millions de dollars est prévu pour créer un Fonds d’accélération des technologies de la santé, afin d’aider les prestataires de soins à accéder à des solutions de technologie de la santé prometteuses développées en Ontario. Le budget prévoit aussi 1 million de dollars de plus par année pour les Centres régionaux d’innovation (CRI), ainsi que 18 millions de dollars sur trois ans pour soutenir l’exploitation et l’entretien des systèmes informatiques de recherche avancée de la province. 

Le statu quo suffit-il pour stimuler la croissance en Ontario?

Le budget 2024 se distingue par le peu de nouvelles mesures annoncées, comme l’a souligné le président du CCI, Benjamin Bergen..

« Les innovateurs comprennent que le gouvernement de l’Ontario doit jongler avec plusieurs priorités et défis, et nous ne nous attendions pas à un budget axé sur l’innovation en 2024 », a déclaré M. Bergen dans un communiqué. 

Bien sûr, l’Ontario n’a pas pris de mesures aussi drastiques que le Québec, qui a revu des programmes fiscaux dont de nombreuses entreprises technologiques dépendent.

Mais sans nouveaux appuis des gouvernements provinciaux, combinés à l’inflation mentionnée plus tôt (ainsi qu’aux taux d’intérêt élevés et autres défis économiques), les entreprises innovantes devront miser davantage sur les programmes fédéraux existants pour financer leur croissance dans le contexte actuel. 

Des promesses pour les investisseurs providentiels et un soutien maintenu

Même si la situation demeure stable ailleurs, le budget 2024 précise que le ministre des Finances collabore avec la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) pour établir des règles favorisant les groupes d’investisseurs providentiels. Cette démarche survient alors que plusieurs fonds d’investisseurs providentiels au Canada disposent de moins de ressources fédérales et se tournent vers les provinces pour obtenir du soutien. Le document précise :

« …Pour encourager le financement des entreprises en démarrage, la CVMO élabore des règles pour soutenir les groupes d’investisseurs providentiels et diversifier les sources de capital grâce à une dispense de prospectus pour les investisseurs autocertifiés. Pour faciliter la levée de fonds des petites entreprises, la CVMO élargit la participation des courtiers en valeurs dans les émissions avec prospectus. »

Même si les investisseurs providentiels sont essentiels pour donner un coup de pouce aux jeunes entreprises en démarrage,ce type de financement n’est qu’un point de départ et non une solution à long terme. 

Une fois que les entreprises canadiennes plus matures profitent d’écosystèmes comme les accélérateurs et les fonds d’innovation offerts en Ontario pour soutenir leur croissance, elles doivent continuer à maximiser les ressources gouvernementales disponibles pour financer leur expansion. 

Cela inclut le financement non dilutif, allant des subventions comme le PARI jusqu’au crédit d’impôt phare pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE). Mais accéder à ces ressources ne devrait pas devenir un fardeau pour votre équipe.

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