Même si la récente baisse du taux directeur par la Fed américaine a apporté un certain répit aux inquiétudes liées au financement et à l’investissement pour 2025, les plus récents rapports démontrent que les chefs de la direction financière demeurent largement préoccupés par les perspectives d’affaires à court et à long terme à l’approche de la fin 2024.
Une grande partie de cette incertitude découle du contexte politique, car un sondage récent de Deloitte a révélé que 58 % des CFO considèrent que l’élection présidentielle américaine de novembre aura un impact « extrêmement ou très important » sur leur organisation, peu importe le candidat élu.
Même si cela n’est pas surprenant — les positions des candidats diffèrent grandement sur des enjeux comme la fiscalité et le commerce international — les priorités identifiées par les CFO pour la prochaine administration montrent que les dirigeants financiers s’inquiètent surtout des fondamentaux de l’entreprise (et non pas de l’IA, contrairement à ce que la couverture médiatique pourrait laisser croire).
À la question « Quels enjeux devraient être prioritaires pour le gouvernement? », les répondants de Deloitte ont indiqué :
- Enjeux liés à la main-d’œuvre (33 %)
- Investissements à l’étranger (26 %)
- Chaînes d’approvisionnement (22 %)
- Réglementation de l’IA (195)
En creusant davantage, même si la géopolitique (56 %) et l’environnement économique (41 %) étaient les principaux « sujets de préoccupation » ayant le plus d’impact selon les CFO sondés, les politiques commerciales et les tarifs douaniers (39 %) ainsi que la fiscalité des entreprises et des particuliers (37 %) demeuraient des enjeux majeurs dans les recherches de Deloitte.
En fait, la fiscalité et les tarifs douaniers (ensemble) ont été identifiés comme les principaux enjeux « ayant un effet sur les opérations d’affaires » par 36 % des CFO interrogés, devant l’inflation (34 %), les taux d’intérêt (20 %) et même le niveau d’endettement (11 %).
La Tax Cuts and Jobs Act de 2017 approche d’une échéance cruciale
Depuis 2017, la réforme fiscale américaine (Tax Cuts and Jobs Act, TCJA) instaurée sous l’administration Trump a profondément transformé le paysage fiscal des entreprises.
Au cœur de ces changements, on retrouve des transformations majeures dans la façon dont les entreprises peuvent réclamer des dépenses de recherche et d’expérimentation (R&E) selon l’article 174 de l’IRC.
Aperçu de l’article 174
Après son adoption, la TCJA a élargi la portée des dépenses admissibles en R&E à partir de 2022, mais a aussi resserré de façon importante la possibilité pour les entreprises d’utiliser ces déductions pour réduire leur revenu imposable. Pour plusieurs, cela a eu un effet immédiat :même des entreprises qui n’avaient jamais déclaré de revenu imposable auparavant se sont retrouvées à devoir le faire..
Les nouvelles règles prévoient aussi des exigences distinctes pour l’amortissement des dépenses de R&E (plutôt qu’une déduction immédiate), selon la provenance des dépenses. Les dépenses de R&E au pays doivent être amorties sur 5 ans, tandis que les dépenses à l’étranger doivent l’être sur 15 ans.
De plus, les dépenses sont « mises en service » au milieu de la première année d’amortissement, ce qui signifie que la déduction de la première année représente environ la moitié de celle des années suivantes.
Bien que plusieurs mesures aient été prises et des propositions avancées pour revenir sur certains aspects les plus dommageables de la TCJA depuis 2017, la personne élue en 2025 aura son mot à dire sur l’avenir de cette loi : certaines mesures pourraient être prolongées (ce qui est probable sous Trump) ou annulées, voire complètement abolies (comme le suggère la campagne de Harris).
Au total, 38 % des chefs des finances ont identifié « la déduction des dépenses de R-D » comme l’aspect le plus déterminant de la TCJA pour leur organisation.
Des baisses de taux d’intérêt insuffisantes pour relancer l’économie à court terme
Même si les récentes mesures de la Fed sont perçues positivement, seulement 14 % des chefs des finances sondés par Deloitte accordent une note favorable à l’économie américaine.
Dans la même veine, à peine 19 % des chefs des finances prévoient une amélioration de l’économie nord-américaine d’ici la fin de 2025. Il s’agit d’un revirement important, puisque la majorité des répondants aux enquêtes de Deloitte au premier et au deuxième trimestre étaient auparavant optimistes.
Selon les analystes de Deloitte, « une récession est inévitable » d’après les chefs des finances bien informés. Mais il faut noter que leur perception évolue rapidement d’un trimestre à l’autre, tout comme le contexte politique, qui change à un rythme tout aussi rapide et imprévisible (par exemple, un nouveau candidat démocrate est entré dans la course au troisième trimestre).
Stimuler l’innovation pour renforcer vos opérations en période de ralentissement
Avec la main-d’œuvre — notamment la pénurie de talents et la formation — qui s’impose comme un enjeu prioritaire, il est essentiel pour les chefs des finances de cibler les investissements qui génèrent des résultats sans dépasser les budgets.
Même si les préoccupations concernant l’article 174 sont fondées, le crédit d’impôt fédéral pour la R-D (article 41) demeure un levier puissant pour récupérer une partie des coûts liés à la création de produits et services innovants.
Il est aussi crucial de miser sur des solutions qui permettent à vos équipes de « travailler plus intelligemment », en mettant en place des processus qui facilitent l’accès au capital de croissance tout en optimisant les flux de travail pour une R-D plus efficace.
En harmonisant les données financières, de paie et de gestion nécessaires pour dresser un portrait complet de vos activités de R-D — du temps consacré par chaque employé admissible à chaque projet, jusqu’au suivi actif de l’admissibilité aux crédits d’impôt — vos équipes peuvent maximiser l’utilisation de leurs budgets actuels.
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FAQ sur les préoccupations des chefs des finances
- Quelles sont les principales préoccupations des chefs des finances en vue de 2025? Selon un sondage Deloitte, les chefs des finances sont préoccupés par l’incertitude politique : 58 % estiment que la prochaine élection présidentielle américaine aura un impact majeur. Les priorités que le gouvernement devrait aborder sont la main-d’œuvre (33 %), les investissements à l’étranger (26 %), les chaînes d’approvisionnement (22 %) et la réglementation de l’IA (19 %).
- Quel est l’impact actuel des politiques fiscales et des tarifs douaniers sur les entreprises? Les politiques fiscales et les tarifs douaniers sont considérés comme les principaux enjeux qui influencent les opérations pour 36 % des chefs des finances sondés, devant l’inflation (34 %), les taux d’intérêt (20 %) et l’endettement (11 %).
- Pourquoi la réforme fiscale américaine de 2017 (TCJA) est-elle importante pour les entreprises? La TCJA a profondément modifié la façon dont les entreprises peuvent déduire les dépenses de recherche et d’expérimentation (R&E) selon l’article 174 de l’IRC. Elle a élargi la portée des dépenses admissibles, mais a resserré les règles sur la portion déductible. 38 % des chefs des finances considèrent la « déduction des dépenses de R-D » comme l’élément le plus marquant de la TCJA pour leur organisation.
- Comment les chefs des finances perçoivent-ils la conjoncture économique actuelle? Malgré les récentes baisses de taux d’intérêt, seulement 14 % des chefs des finances accordent une note positive à l’économie américaine. À peine 19 % anticipent une amélioration de l’économie nord-américaine d’ici la fin de 2025, ce qui marque un net recul par rapport à l’optimisme des premier et deuxième trimestres.
- Quelles stratégies sont recommandées pour aider les entreprises à traverser les défis économiques? Le blogue recommande de miser sur les secteurs qui génèrent des résultats sans dépasser les budgets. Il suggère de profiter du crédit d’impôt fédéral pour la R-D (article 41) afin de couvrir les coûts de développement de produits. Il conseille aussi d’adopter des solutions qui permettent à vos équipes de travailler plus efficacement, par exemple en harmonisant les données financières, de paie et de flux de travail pour optimiser la R-D et maximiser l’accès au capital de croissance.